Location meublée ou nue : comparateur fiscal
Le calcul compare l'impôt dû sur un même loyer selon qu'il est déclaré en location meublée ou en location nue, sous les régimes micro. La différence tient à l'abattement forfaitaire, 50 % contre 30 %, et non au taux d'imposition, qui reste identique dans les deux cas.
Comment se calcule l'écart d'impôt
Le calcul part des loyers annuels bruts. Sur ce montant s'applique d'abord un abattement forfaitaire : 50 % en location meublée sous le régime micro-BIC, 30 % en location nue sous le régime micro-foncier. Le revenu imposable qui en résulte est ensuite soumis à la tranche marginale d'imposition du foyer, puis aux prélèvements sociaux, inclus dans le résultat affiché. Parce que l'abattement meublé est plus généreux, la base imposable est plus faible à loyer égal, et l'impôt final du meublé représente exactement cinq septièmes de celui du nu, quel que soit le taux marginal retenu. Ce rapport constant est la seule certitude du calcul : les montants en euros, eux, dépendent entièrement du loyer déclaré et de la tranche choisie, deux paramètres propres à chaque situation et non à la mécanique fiscale elle-même.
Ce qui fait varier le montant
Le paramètre qui pèse le plus sur le résultat en euros est la tranche marginale d'imposition, pas le choix meublé ou nu : elle multiplie une base déjà réduite par l'abattement. Prenons un loyer annuel de 12 000 euros à une tranche de 30 %. En nu, la base imposable après abattement de 30 % est de 8 400 euros, l'impôt avant prélèvements sociaux s'élève à 2 520 euros. En meublé, la base après abattement de 50 % tombe à 6 000 euros, pour un impôt de 1 800 euros. Le gain du meublé, 720 euros dans cet exemple, croît mécaniquement avec le loyer et avec la tranche : à 41 % au lieu de 30 %, l'écart en euros augmente dans les mêmes proportions, alors que le rapport de cinq septièmes entre les deux impôts, lui, ne bouge jamais.
L'erreur qui coûte le plus cher
L'erreur la plus fréquente consiste à lire le gain affiché comme une confirmation d'éligibilité au régime micro. Le calcul compare deux abattements forfaitaires à loyer donné ; il ne vérifie aucun plafond de recettes, car ces seuils sont révisés et un chiffre figé dans un outil finirait par annoncer une éligibilité fausse. Un loyer qui dépasse le plafond du micro-BIC ou du micro-foncier bascule au régime réel, où l'abattement forfaitaire disparaît au profit des charges réellement déduites, ce qui change complètement le calcul. Le coût de l'erreur n'est pas dans l'outil mais dans la déclaration : un contribuable qui applique un abattement micro alors qu'il dépasse le plafond s'expose à un redressement sur la différence, avec intérêts de retard, bien après avoir touché les loyers concernés. Vérifier le plafond en vigueur avant de déclarer reste une étape séparée du calcul.
Questions fréquentes
Pourquoi le meublé paie-t-il toujours moins d'impôt que le nu ?
Parce que l'abattement forfaitaire du régime micro-BIC, applicable au meublé, est de 50 % contre 30 % pour le micro-foncier applicable au nu. À loyer et tranche marginale identiques, la base imposable du meublé est plus petite, donc l'impôt aussi : le rapport est constant, l'impôt du meublé vaut exactement cinq septièmes de celui du nu, quel que soit le montant du loyer ou la tranche d'imposition retenue.
Les prélèvements sociaux sont-ils compris dans le résultat ?
Oui, les montants d'impôt et de net après impôt affichés intègrent les prélèvements sociaux, au taux appliqué aux revenus fonciers ou aux bénéfices industriels et commerciaux selon le régime. Ils s'ajoutent à l'impôt sur le revenu calculé avec la tranche marginale renseignée. Le résultat représente donc la charge fiscale totale sur le loyer, pas seulement la part relevant du barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Comment savoir si je peux choisir le régime micro ?
Le comparateur ne vérifie pas de plafond de recettes, car ces seuils sont régulièrement révisés et un chiffre figé risquerait d'indiquer une éligibilité qui n'existe plus. L'éligibilité au micro-BIC ou au micro-foncier dépend du montant annuel des loyers perçus, à comparer au plafond en vigueur au moment de la déclaration, une vérification à faire séparément avant d'appliquer le résultat du calcul.
Le régime réel peut-il être plus avantageux que le micro ?
Oui, si les charges réellement déductibles, travaux, intérêts d'emprunt, frais de gestion, dépassent l'abattement forfaitaire de 30 % ou 50 % appliqué en micro. Ce comparateur ne calcule que l'écart entre les deux régimes micro à loyer identique ; il ne simule pas le régime réel, dont le résultat dépend des charges propres à chaque bien et non d'un taux fixe.